Vols Tunisie-Europe : la France au 1er juillet, chaos décisionnel dans l’UE

Tunisie
Aéroport Tunis-Carthage. Crédit image : FlightRadar24.

Le calendrier de réouverture des vols Tunisie-Europe s’est précisé encore un peu plus ces derniers jours. Mais aucune date n’a encore été officiellement annoncée, faute d’accord entre les pays européens.

La semaine écoulée a donné lieu à de nouvelles avancées sur le chemin long et indécis de la réouverture du trafic aérien commercial entre la Tunisie et l’Europe. C’est aux autorités tunisiennes que revient le mérite d’avoir posé la première pierre à ce fragile édifice, après qu’elles ont annoncé, dès le 1er juin, la réouverture des leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes au 27 juin.

La Tunisie est prête et le fait savoir

La Tunisie ne s’est pas contentée d’annoncer une date ; elle a veillé à en démontrer toute la pertinence. Le protocole sanitaire a été détaillé, tant pour les résidents que pour les touristes et les Tunisiens de l’étranger (mesures sanitaires dans les aéroports, dans les lieux d’hébergement touristiques, conditions d’acheminement, encadrement des excursions, levée des obligations d’isolement en établissements, présentation de tests négatifs récents au Covid-19).

Ces nouvelles mesures, ainsi que le succès tunisien dans la maîtrise de la circulation du virus, ont été largement diffusés à l’international, à grands renforts de déplacements ministériels dans les hôtels et aéroports, de clip promotionnel vantant la sûreté de la destination Tunisie dans l’après Covid-19 et d’une campagne agressive et fructueuse de relations-presse : le 9 juin, l’OMS qualifiait la Tunisie de « destination touristique sûre », quand le magazine économique américain Forbes classait le pays parmi les 7 destinations mondiales à plus fort potentiel dans l’ère post Covid-19.

L’UE indécise, la France prend les devants

Pour autant, les liaisons aériennes ne pourront reprendre qu’à la condition que l’Europe, elle aussi, rouvre ses frontières à la Tunisie. Or, le chaos décisionnel continue de régner dans le vieux continent et pour cause : l’UE n’ayant qu’un pouvoir de décision limité en matière de gestion des frontières intérieures, chaque Etat membre semble vouloir décider du calendrier en solitaire, selon ses intérêts nationaux propres.

Le 5 juin pourtant, la Commission européenne se voulait rassurante à l’issue d’une visioconférence entre les ministres de l’Intérieur de l’UE. Un double et large consensus avait alors émergé sur une réouverture :

  • des frontières intérieures au 15 juin
  • des frontières extérieures, pour une liste définie de pays tiers, au 1er juillet, avec annonce officielle à la mi-juin.

Mais hier 12 juin, ces consensus fragiles semblent avoir volé en éclats : plusieurs pays, comme l’Espagne, garderont leurs frontières intérieures fermées jusqu’à fin juin, tandis que la Commission annonçait un report de plusieurs jours de l’annonce de l’ouverture des frontières extérieures, faute d’accord.

Le gouvernement français, qui défendait farouchement ce double calendrier de réouverture, a contre-attaqué dans la soirée hier en annonçant une réouverture totale de ses frontières intérieures le 15 juin à minuit (sauf mesures contraires liées à la réciprocité) et une réouverture partielle de ses frontières aux pays tiers le 1er juillet. Dans cette communication conjointe des ministères français de l’Intérieur et des Affaires étrangères, l’accent est particulièrement mis sur les étudiants des pays non-européens, qui pourront dès le 1er juillet aller et venir en France, quelle que soit leur nationalité et leur pays de résidence.

En somme, il semble que la reprise du trafic aérien entre la Tunisie et l’Europe doive se faire graduellement, à partir du 1er juillet et sur la base d’accords bilatéraux d’Etat à Etat, les pays européens ne souhaitant manifestement s’accorder que sur les modalités de réouverture des frontières et non sur un calendrier.

Ce qui n’empêche pas les compagnies aériennes de maintenir la pression sur leurs gouvernements respectifs : Alitalia a ainsi annoncé ces derniers jours qu’elle desservirait Tunis-Carthage dès juillet, sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite par Rome. Air France, quant à elle, commercialise des vols assurés par elle-même et par sa filiale Transavia, entre Paris et Tunis, dès la fin juin.

Nous rappelons aux passagers la nécessité, au risque de voir leur vol annulé et de rencontrer des difficultés à se faire rembourser, de ne réserver aucun vol international avant qu’une annonce officielle de réouverture des frontières entre les deux pays concernés n’ait été faite.

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